Jusqu’en 1854, le Japon était presque inconnu des Occidentaux. Depuis le XVIIème siècle, le pays s’était refermé sur lui-même et avait interdit tout trafic avec des non-asiatiques, à l’exception de quelques marchands hollandais. Cette politique isolationniste avait été adoptée par un seigneur de guerre (le shôgun) qui détenait la réalité du pouvoir. L’empereur japonais avait, lui, perdu une grande partie de ses fonctions.

Ce régime du shogunat fut fragilisé à partir du XIXème siècle. Tour à tour, le Japon assistait à la conquête par les Occidentaux de ses Etats voisins : le Vietnam, le Laos ou encore la Birmanie. L’Empire chinois avait, lui aussi, été dévasté par deux guerres menées contre les nations européennes pour empêcher la commercialisation de l’opium sur ses terres. Le shôgun comprit que le seul moyen d’éviter de rentrer en conflit avec les Européens était d’ouvrir les frontières nippones aux étrangers. Les Etats-Unis furent les premiers à envoyer un officier qui imposa au shôgun la signature d’un traité de paix et d’amitié en 1854.

Suite à cette ouverture forcée, de nombreux occidentaux pénétrèrent pour la première fois depuis des siècles dans l’archipel nippon. Cette présence sur les terres japonaises effrayait les populations locales qui assassinèrent en retour des étrangers. Le shôgun, incapable de calmer son peuple, se voyait de plus en plus soumis aux Occidentaux. Voulant instaurer un pouvoir politique fort, capable de résister aux étrangers et de calmer les insurrections populaires, la noblesse organisa un Coup d’Etat. En janvier 1868, elle remit au pouvoir l’Empereur.

Le nouvel Empereur (Meiji) savait qu’il devait s’allier avec les étrangers, ces derniers étant militairement supérieurs. Pour rendre cette alliance vivable, il fallait en priorité moderniser la culture et les mœurs japonaises. Les siècles d’isolement avaient rendu presque impossible une cohabitation entre Japonais et Occidentaux. L’Empereur Meiji décida de forcer cette coexistence en occidentalisant les modes de vie japonais. L’école devint obligatoire, les vêtements traditionnels furent prohibés, la classe des samouraïs, abolie et les villages furent transformés en villes occidentalisées. L’Empereur vint jusqu’à contraindre par décret les populations à boire du lait et à faire cuire leur viande.

Cette révolution des mœurs, instituée par le pouvoir impérial, toucha également la mode féminine. Pendant des siècles, les femmes japonaises avaient pour tradition de se noircir les dents lorsqu’elles atteignaient l’âge adulte. Cette pratique s’intitulait le « Ohaguro » et devait témoigner de la vertu de la femme japonaise. Cette multitude de femmes aux dents noires troublait terriblement les Occidentaux, à un tel point que pour rassurer ces derniers, les autorités japonaises durent ordonner aux femmes d’arrêter cette pratique ancestrale.

Pour en savoir plus sur l’Empereur Meiji et le XIXème siècle:

DUFOURMONT  Eddy, Histoire politique du Japon (1853-2011), Presse universitaire de Bordeaux, 2012

HOBSBAWM Eric J., L’ère du capital, Edition Pluriel, 1975

HOBSBAWM Eric J, L’ère des empires, Edition Pluriel, 1987

YUKICHI Fukuzawa, Plaidoyer pour la modernité, CNRS Editions, 2008

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